Les infirmiers et aides-soignants en santé mentale : entre réalité et stigmatisation

Publié le 28/03/2024
Infirmier psychiatrie

 

Quand on évoque les métiers d’infirmier et d’aide-soignant, on a tendance à penser aux soins techniques et à la prise en charge des maladies somatiques. Cependant, une spécialité tout aussi importante traite un autre type de maladies : la santé mentale.

Souvent mise de côté ou jugée moins « prestigieuse », la psychiatrie est pourtant très importante quand on sait qu’en moyenne, un français sur cinq souffre d’une maladie mentale ou de troubles psychiques.

La stigmatisation

Beaucoup croient, à tort, que les patients atteints de troubles psychiatriques sont atteints d’une forme de folie alors que les maladies mentales sont très variées comme la dépression, les troubles du comportement alimentaire, les addictions, les troubles anxieux…

L’un des principaux obstacles rencontrés par les infirmiers et aides-soignants en santé mentale est la perception réductrice de leur travail. Fréquemment, ces professionnels de santé sont réduits à de simples « gardiens » ou à des distributeurs de psychotropes. On les accuse même parfois de moins travailler que leurs confrères en services de soins généraux, alors que leur travail est fondamentalement différent et donc difficilement comparable.

On croit aussi que les soignants qui travaillent en psychiatrie le font par dépit, alors que c’est généralement tout l’inverse. La psychiatrie est un choix et bon nombre de soignants qui y travaillent ne voudraient changer de service pour rien au monde.

La réalité

Le travail en psychiatrie implique une approche du métier soignant différente, avec des prises en charge sur du long terme. Les soins techniques sont moins nombreux mais remplacés par d’autres types de soins comme l’entretien d’aide thérapeutique ou encore les ateliers thérapeutiques.  

La prise en charge en psychiatrie est moins médicalisée et plus riche en matière de relationnel, les entretiens avec les patients faisant partie intégrante du traitement de la maladie.

Par ailleurs, le rôle propre de l’infirmier et de l’aide-soignant est plus étendu, ils disposent d’une autonomie plus importante qu’en services de soins généraux où tout est très organisé.

En psychiatrie, au-delà des prescriptions faites par le médecin, c’est l’observation clinique qui donne aux infirmiers et aux aides-soignants les orientations de leur intervention.

Les soignants en psychiatrie apprécient d’avoir cette posture professionnelle éloignée de celle d’« exécutant ». Encore une fois, la prise en charge en santé mentale se fait dans la durée et permet ainsi de voir l’évolution des patients accompagnés et de créer une relation de soin privilégiée avec eux, ce qui est également très gratifiant.

 

En résumé, les soignants en santé mentale font face à une série de stigmatisations persistantes associées à leur profession, mais travailler dans ce secteur offre une perspective différente et enrichissante sur les soins et la maladie.

 

Clémentine Thieblemont